Association Païolive


Depuis notre premier manifeste, en 2004, la crise écologique a gagné en intensité. L'urgence incite à appuyer notre action locale sur des initiatives prises récemment à plus grande échelle : Charte de l'Environnement et Stratégie Nationale pour la Biodiversité, en France ; Initiative pour une « Ethique de la Biosphère » de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature, au plan international.

Au cours des dernières années la collectivité a constaté l'altération croissante des conditions élémentaires de la vie, mais aussi, notamment à l’occasion de projets énergétiques, le danger de solutions techniques qui peuvent avoir des effets négatifs. Cela souligne l'importance d'une réflexion éthique. Les techniques sont insuffisantes à elles seules pour permettre de maîtriser les interactions entre les initiatives humaines et la nature et peuvent conduire à déposséder l'homme de sa responsabilité.

Le recours à une réflexion éthique nous aide à une évaluation et à des choix responsables des techniques et comportements favorisant le maintien de la nature en vie.

Une éthique du Vivant

Les humains font partie intégrante de la nature qui se perpétue spontanément par elle-même, sans qu'ils puissent s'en désolidariser. La vie est la commune appartenance qui lie notre espèce à toutes les autres par une solidarité de destinée. La nature est un patrimoine commun à tous, génération présente et générations à venir, dont nous avons besoin pour vivre, habiter, penser et contempler. La biosphère a des limites que les sociétés humaines doivent respecter.

Nous voulons défendre le vivant et ses beautés, préserver la capacité de renouvellement des écosystèmes. Nous voulons défendre la nature qui n'a pas de voix dans les délibérations politiques ou les choix techniques. Le recours au droit est légitime car il s'agit de protéger un patrimoine commun de la dégradation ou de la destruction. Mais là où le droit fait encore défaut nous devons prêter notre voix à la nature.

Nous accordons de la valeur aux mémoires, génétiques et culturelles, portées par les espèces et par les communautés humaines et nous reconnaissons que leur continuité et leur diversité conditionne la capacité d'adaptation de la biosphère, son potentiel de transformation.

 Le site de Païolive et des Gras

Ce site fait un lien entre les Cévennes et le reste de l'Ardèche calcaire ou du nord du Gard. Notre action se veut en continuité avec la démarche de Jean Balazuc et des acteurs du mouvement Fontvive de Pierre Richard.

Il s'agit d'un patrimoine qui a une valeur indépendante des autres valeurs que les humains lui donnent. Le site se compose de milieux variés abritant encore une très riche biodiversité. Il est riche de multiples mémoires avec une étroite imbrication entre écosystèmes et activités humaines. Sa beauté et son étrangeté constituent une réserve de sens qui en font un patrimoine de l'humanité.

Beaucoup ressentent à Païolive un mystère où se rend perceptible le lien de l'homme avec le cosmos. Cette dimension poétique, voire sacrée, nous élève à l'universel et implique un appel à la conscience et à la réflexion éthique.

Reconnaître qu'il s'agit du patrimoine de tous l'insère dans une solidarité entre générations comme entre propriétaires et usagers. La propriété privée peut être considérée comme un atout en tant que condition d'une responsabilité personnelle vis à vis de ce bien commun et comme une source de diversité.

 

L’Association PaIolive

Elle est au service du bon état de ce patrimoine et, dans la durée, de la relation harmonieuse entre le site et ses usagers actuels et futurs. Elle privilégie le bénévolat pour maintenir sa liberté de penser et d'agir. Elle cherche à multiplier les partenariats les plus divers mais restera vigilante pour réduire toute contradiction entre les objectifs et les moyens employés pour les atteindre. La forme associative permet de mettre en oeuvre le droit des citoyens, reconnu par la Charte de l'Environnement, de prendre part à la protection de celui-ci. Elle agit selon trois axes principaux.

            Etude

Les sciences sont un outil pour connaître la nature et la diversité des conditions qui permettent à la vie de se maintenir et de se perpétuer. Le but de l'association est l'étude pluridisciplinaire de ce vaste ensemble que sont Païolive et ses Gras sans privilégier arbitrairement tel ou tel domaine du vivant. Il s'agit donc d'inventorier les espèces, les habitats ainsi que leurs degrés de dépendance aux activités humaines et leurs capacités de renouvellement. Le site offre de multiples occasions de recourir aux disciplines les plus variées dans la conduite du travail scientifique comme dans la mise en valeur des patrimoines culturels locaux.

            Sensibilisation, formation et éducation 

L'association entend d'abord partager et diffuser les résultats des études par tous moyens : publications, éditions, médias, sorties de terrain, ateliers, conférences, etc. Son objectif est de rapprocher l’homme de la nature par une démarche éducative évitant tout artifice. Par ses qualités particulières le site, qui a gardé une passionnante mémoire de l'histoire de notre terre, de la vie et de l’humanité offre de multiples opportunités éducatives. La démarche pédagogique cherche à joindre la diffusion du savoir la plus large possible à l'éveil du sentiment de nature et à la conscience de la responsabilité de chacun.

            Actions

Les études et la formation auront pour but de permettre à chaque citoyen comme à chaque acteur de connaître les enjeux de protection et d'exercer sa responsabilité en connaissance de cause. Il s'agit d'abord de conserver les capacités de renouvellement de la nature et de la vie, c'est à dire ici d'abord le minéral et ses structures physiques, à la fois paysage remarquable et condition du maintien des écosystèmes particuliers. Elle cherchera à insérer le site dans un réseau d'espaces protégés, protection nécessaire pour parer aux menaces sans cesse renaissantes et encore imprévisibles.

Face à tout événement pouvant altérer une partie du site, l'association décidera d'intervenir ou non en se référant aux connaissances dont elle dispose et à ses principes éthiques. La première exigence éthique qui se présente est celle de l’équité. Mais l'équité ne peut aller sans solidarité.

- L'équité doit être recherchée à travers la conciliation entre intérêts légitimes mais si cela ne permet pas à la nature d'exister indépendamment de ces intérêts, l’association se donnera la mission d’intervenir et de solliciter l’autorité publique de produire et d'appliquer des réglementations fixant des limites.

- Des activités économiques, des comportements individuels, entraînent des avantages ou des satisfactions mais aussi des nuisances et il faudra à chaque fois considérer si la répartition  des avantages et des nuisances est équitable. Dans ces cas, la preuve de l’absence d’impacts négatifs incombe aux bénéficiaires de ces activités. La charge d’une juste réparation des dommages causés également.

Dans ces cas, l'association entend alors intervenir pour faire valoir ces exigences éthiques. Elle informera l’opinion en toute indépendance, persuadée qu'une prise en compte élargie des données économiques et sociales favorisera un partage équitable des ressources naturelles qui ne compromette pas les formes de vie non-humaines ni la beauté du site.

- L'association cherchera à partager le résultat de ses études pour valoriser la biodiversité en reconnaissant les services qu'elle apporte aux usagers, notamment agricoles, et en promouvant la recherche de pratiques diversifiées.



Site web : http://associationpaiolive.blogspirit.com