LES PARCS NATIONAUX


PARCS NATIONAUX

La nature en partage

 

Un parc national est un monument de la nature, reconnu aux plans national et international comme un territoire d’exception, tant par ses paysages que par la faune et la flore qu’il abrite. Combinaisons d’espaces remarquables, d’une biodiversité préservée et d’un mode de gestion qui leur permet d’en préserver les richesses, les parcs nationaux français sont marqués par une forte volonté de concilier la protection de la nature et le développement des activités humaines, dans le respect des usages et traditions.

 

Cœur de parc et aire d’adhésion

Le cœur de parc est un espace d’excellence, où la priorité est donnée à la protection des milieux, des espèces animales et végétales, des paysages et du patrimoine culturel. Il fait l’objet d’une réglementation particulière. Au-delà du cœur, le territoire du parc national s’étend sur une aire d’adhésion. Les communes proches du cœur, qui le souhaitent, peuvent être intégrées au territoire en signant la charte du parc, élaborée avec les acteurs locaux. Une véritable solidarité écologique s’établit entre le cœur du parc, joyau naturel fragile et protégé, et l’aire d’adhésion, dont les espaces remarquables exigent un développement durable.

 

Penser l’avenir

L’harmonie entre la nature et la culture charpente le caractère des parcs nationaux à la française. Territoires de référence, d’adhésion et d’engagement, ils sont aussi des lieux de découverte et de ressourcement pour l’homme. Ils suscitent l’émotion, l’imaginaire, la créativité, le respect. Ils donnent l’envie de partager ce patrimoine et de tout mettre en œuvre pour le préserver pour les générations futures. Les parcs nationaux couvrent des domaines terrestres et maritimes variés et représentent par leurs périmètres optimaux près de 8% du territoire français (48 720 km²). Ils attirent chaque année plus de 7 millions de visiteurs.

 

 

LA GUYANE

Situation : département de la Guyane (973)

Climat : équatorial

Création : Février 2007

Cœur de Parc : 2,03 millions d’hectares

Aire d’adhésion : communes ayant vocation à adhérer ; Camopi, Maripasoula, Papaïchton, Saül et Saint – Elie

Habitants permanents : 6 000 environ

Flore : sur quelque 5800 espèces recensées (orchidées, fougères, lianes), on compte plus de 1 200 arbres dont certains culminent à 50 mètres

Faune : 480 espèces de poissons d’eau douce (40% de taux d’endémisme), plus de 180 mammifères, près de 300 reptiles et amphibiens, environ 720 espèces d’oiseaux et plusieurs centaines d’insectes (papillons, coléoptères, phasmes)

Historique : c’est en 1992 qu’est annoncée la volonté de protéger un vaste ensemble de la forêt tropicale guyanaise, réputée pour son exceptionnelle biodiversité.

Objectifs : faire de la Guyane un pôle d’excellence dans le domaine de ‘l’écodéveloppement », tout en s’appuyant sur les populations locales qui vivent en interaction avec le milieu naturel.

 

www.parc-guyane.gf

compg@wanadoo.fr

 

 

 

LA REUNION

Situation : département de la Réunion (974)

Création : 5 mars 2007

Cœur du Parc : 105 447 hectares

Aire optimale d’adhésion : à définir au moment de la charte

Habitants permanents du cœur : 800

Habitants permanents de l’aire optimale: à définir au moment de la charte

Flore : 1 490 espèces ont été recensées, dont 600 plantes à graines – 40% d’endémiques strictes-, 240 fougères et prèles- 10% d’endémiques-, 650 bryophytes – 13% d’endémiques.

Faune : 43 vertébrés, dont 13 endémiques, au moins 2 000 espèces d’invertébrés avec un taux d’endémisme important (40% pour certains groupes)

Historique : plusieurs décennies de politiques publiques visant à préserver et à valoriser les Hauts de l’île ont permis en 2007 la création du parc national. Les étapes d’élaboration du projet ont fait émerger une forte implication locale dans la préservation et la gestion de ces espaces naturels. En 2000, la mission de création est installée ; en 2004, le Premier ministre signe un arrêté de prise en considération et l’enquête publique conclut favorablement avec quelques recommandations.

 

http://www.reunion-parcnational.fr/

mission.parc@wanadoo.fr

 

 

 

LA GUADELOUPE

Situation : département de la Guadeloupe (971)

Création : 20 février 1989

Ancienne zone centrale : 17 300 hectares

Futur cœur de Parc : 21 850 hectares

Ancienne zone périphérique : 16 200 hectares

Aire optimale d’adhésion en projet: 94 065

Aire maritime adjacente en projet : 130 800 hectares

Habitants permanents: 272 000 dans l’aire optimale en projet

Flore : 816 espèces recensées dont 300 espèces d’arbres, 100 espèces d’orchidées et 270 espèces de fougères

Faune : 33 espèces d’oiseaux, dont le seul pic sédentaire des Petites Antilles, une grande biodiversité chez les invertébrés

Historique : la détermination de nombreux acteurs locaux a abouti à la création, en 1989, du premier parc national français d’outre-mer. Le périmètre actuellement en projet permettra d’intégrer la Réserve naturelle du Grand-Cul-de-Sac marin, les îlets Kahouanne et Tête à l’Anglais ainsi que les fonds marins autour des îlets Pigeon dans le cœur du parc national et définit une vaste zone de solidarité écologique, terrestre et maritime. Coïncidant  avec ces nouvelles limites, la Réserve mondiale de biosphère de l’archipel de la Guadeloupe désignée par l’Unesco en 1992 se trouvera ainsi renforcée.

 

www.guadeloupe-parcnational.com

 

 

 

LE MERCANTOUR

Situation : département des Alpes-Maritimes (06) et des Alpes-de-Haute-Provence (04)

Création : 18 Août 1979

Cœur de Parc : 68 500 hectares

Aire d’adhésion : 146 300 hectares, 28 communes

Habitants permanents : 17 700 dans l’aire de libre adhésion

Espaces protégés : parc naturel italien Alpi Marittime, frontalier, avec lequel le parc du Mercantour est jumelé depuis 1987.

Flore : la plus forte diversité au niveau national avec 2000 espèces de plantes, dont 200 rares et 30 endémiques.

Faune : 58 espèces de mammifères – dont les ept ongulés sauvages qu’on trouve en France et le loup-, 153 espèces d’oiseaux : certaines uniques au monde, telles la chouette de Tengmalm de Sibérie et le hibou petit duc d’Afrique du Nord.

Historique : Le parc et son homologue italien sont les héritiers de la réserve de chasse du roi d’Italie, Victor Emmanuel II

Evolution : Après une création mouvementée, le parc national du Mercantour se positionne de plus en plus comme un partenaire incontournable pour les nombreux projets qui concernent son territoire.

 

www.mercantour.eu

www.e-coguide.com

 

 

 

LES ECRINS

Situation : département des Hautes-Alpes (05) et de l’Isère (38)

Création : 27 Mars 1973

Cœur de Parc : 91 800 hectares

Aire d’adhésion : 178 400 hectares, 61 communes

Habitants permanents : 30 000 dans l’aire optimale, 3 dans le cœur du parc

Espaces protégés : réserve intégrale de Lautivel

Flore : 1 800 espèces, dont 216 sont répertoriées comme rares ou menacées, et 35 endémiques

Faune : 210espèces d’oiseaux, dont 40 couples d’aigles royaux, 64 espèces de mammifères, dont 15 000 chamois et 600 bouquetins.

Historique : Ce jeune parc a une histoire déjà longue. Dès 1913, un parc national de la Bérarde avait été créé par l’administration des Eaux et Forêts sous l’impulsion des alpinistes, des associations naturalistes et du Club alpin français. Il allait connaître bien des évolutions avant sa création sous sa forme actuelle en 1973. Par exemple, en 1923-1924, il s’agrandit et prit le nom de parc national de Pelvoux.

 

www.les-ecrins-parc-national.fr

ecrins-parcnational@espaces-naturels.fr

 

 

 

CEVENNES

Situation : Sud du Massif central, sur les départements de la Lozère (48), du Gard (30) et de l’Ardèche (07)

Création : 2 Septembre 1970

Cœur de Parc : 91 268 hectares sur 52 communes

Aire d’adhésion : 230 110 hectares, 65 communes

Habitants permanents : 41 000 en aire d’adhésion, 600 dans le cœur du parc

Espaces protégés : réserve mondiale de biosphère depuis 1985

Flore : riche et diversifiée, avec des associations végétales remarquables et endémiques, en particulier dans les tourbières des monts Lozère et Aigoual, dans la pseudo-steppe caussenarde, unique en France, et dans la châtaigneraie anthropique des Cévennes

Faune : 2410 espèces, dont deux tiers des mammifères rencontrés en France. Nombreux rapaces, tous très menacés : aigle royal, circaète Jean-le-Blanc, faucon pèlerin, grand duc.

Site privilégié d’implantation des vautours fauve et moine.

Historique : Ses particularismes prennent notamment racine dans les guerres de religion. Pour valoriser cette « mémoire », le parc a développé un réseau d’écomusées, édité de nombreux ouvrages et participé au recueil de la mémoire orale.

 

www.cevennes-parcnational.fr

info@cevennes-parcnational.fr

 

 

 

PORT-CROS

Situation : îles d’Hyères dans le var (83)

Création : 14 Décembre 1963

Cœur de Parc : 2 000 hectares dont 1 300 maritimes

Habitants permanents : 38

Espaces protégés périphériques: 1 000 hectares sur l’île de Porquerolles, acquis par l’Etat, (soit 75% de la superficie de l’île) et les terrains acquis par le Conservatoire du littoral – domaine du Cap Lardier (325 ha) à La Croix-Valmer, presqu’île de Giens (100 ha) et salins d’Hyères (900 ha)

Flore : 602 espèces terrestres, 500 espèces d’algues

Faune : 144 espèces d’oiseaux (dont 40 nicheuses), 180 de poissons et quelques espèces terrestres endémiques tel le discoglosse sarde, petit batracien des îles d’Hyères, et le phyllodactyle d’Europe, petit reptile en voie de régression

Histoire : des traces attestent d’une occupation humaine au IIIème siècle avant J.-C. Cultivée, saccagée, fortifiée, l’île est devenue parc national à la suite d’un legs fait à l’Etat.

Activités internationales : Le parc coordonne, depuis 2000, le suivi de Pelagos, le sanctuaire international des mammifères marins en Méditerranée.

 

www.portcrosparcnational.fr

accueil.pnpc@espaces-naturels.fr

 

 

 

LES PYRENEES

Situation : départements des Pyrénées-Atlantiques (64) et des Hautes-Pyrénées (65)

Création : 23 Mars 1967

Cœur du parc national : 45 700 hectares

Aire optimale d’adhésion : 206 300 hectares, 86 communes

Habitants permanents : 40 000 dans le périmètre

Espaces protégés : Réserve naturelle du Néouvielle (2 300 ha) en bordure du cœur du parc national, Réserve naturelle d’Ossau (80 ha), 100 000 ha de réserves nationales de chasse à proximité, Parc national espagnol d’Ordesa et du Mont Perdu (15 000 ha), limitrophe, et jumelé, depuis le 24 septembre 1988, avec le parc national des Pyrénées

Flore : 200 espèces endémiques, dont la vesce argentée, la dioscorée des Pyrénées ou la pensée de Lapeyrouse

Faune : 64 espèces de mammifères, dont 5 600 isards, 13 couples de gypaètes barbus, près de 320 couples de vautours fauves et 37 couples d’aigles royaux

Historique : problèmes de chasse, projets de routes, équipements de stations de sports d’hiver, la création du parc national s’avéra difficile… Résultat : un cœur de parc national étroit avec, en revanche, un périmètre d’adhésion important.

 

www.parc-pyrenees.com

pyrenees.parc.national@espaces-naturels.fr

 

 

 

LA VANOISE

Situation : département de la Savoie (73)

Création : 6 juillet 1963

Cœur du parc national : 53 500 hectares

Aire optimale d’adhésion : 145 000 hectares, 28 communes

Habitants permanents : 32 000 dans cette aire

Espaces protégés : cinq réserves naturelles contiguës au cœur du Parc. Limite commune de 14 kilomètres avec le Parc national italien du Gran Paradiso (70 000 hectares). Jumelage des deux parcs le 8 juillet 1972.

Flore : 1 200 espèces recensées, dont 107 sont protégées.

Faune : 2600 bouquetins, 6000 chamois, 125 espèces d’oiseaux nicheurs – 20 couples d’aigle royal, trois de gypaète.

Historique : en 1943, le docteur Couturier milite pour un « parc national à bouquetins » en Vanoise et, à partir de 1955, Gilbert André, pour un grand parc culturel des Alpes. Le CAF propose un parc de 13 000 hectares axé sur la protection et le tourisme. La synthèse de ces idées aboutit, en 1960, à la loi de création des parcs nationaux. En 1969, un site est convoité pour un projet de station de ski. Après un long débat et une mobilisation importante des Français, le président Pompidou tranche en faveur du maintien de l’intégrité du parc.

 

www.vanoise.com

parc.national@vanoise.com

 

 

 

 

PARCS MARINS

Ils ont le vent en poupe

 

Qu’ils se nomment naturel marin ou national, les parcs dédiés à la protection du patrimoine des mers fleurissent. Voyage de la mer d’Iroise, dans le Finistère, à la Méditerranée.

 

Bravant vagues et tempêtes, le projet d’une zone maritime protégée en mer d’Iroise a tenu bon la barre. Le 28 septembre 2007, un « parc naturel marin » est né au large du Finistère, en Bretagne : 3500km² du nord de l’île d’Ouessant au sud de l’île de Sein et aux limites territoriales de la mer. L’idée d’un parc national dans ce secteur riche de biodiversité exceptionnelle germa dès 1989, lors de la création de la réserve de biosphère de l’Unesco, sur l’archipel de Molène. Mais le cadre législatif des parcs nationaux s’avérait inadapté au contexte marin. La mer d’Iroise est, en effet, un milieu sauvage que fréquentent aussi pêcheurs, plongeurs et plaisanciers. Les habitants, qui vivent principalement des ressources halieutiques et du tourisme, réagirent… Il fallut attendre la réforme de la loi de 2006 sur les parcs nationaux et la définition du nouveau concept de « parc naturel marin » pour que le premier du genre soit accepté en Iroise. A la quasi-unanimité, cette fois. A la différence du projet initial, ce parc original, qui veut concilier sauvegarde de l’environnement et impératifs économiques, n’a pas de zone sanctuaire. Une combinaison surprenante a priori, mais le directeur Thierry Canteri y croit fermement, évoquant « ces bancs de dauphins qui évoluent autour des navires goémoniers », preuve d’une cohabitation possible entre les hommes et les autres espèces. Reste à harmoniser les préoccupations des acteurs concernés. Le conseil de gestion du PNM d’Iroise réunit leurs responsables : représentants de l’Etat, élus locaux, scientifiques, professionnels, associations écologistes. « La structure permanente a un rôle d’influence, de dialogue, mais ce sont ces personnes qui orientent nos travaux, explique Thierry Canteri. L’enjeu, c’est que les mesures de gestion environnementale soient validées par les acteurs économiques qui en auront compris l’intérêt. » Il est trop tôt pour connaître les grands axes du premier plan de gestion, en cours d’élaboration. « Il y a un protocole à monter, souligne le directeur. On ne fera des propositions qu’après diagnostics. La validation scientifique s’impose à chaque étape pour que les résultats soient validés par tous. » Déjà, plusieurs opérations sont en cours : suivi d’un cantonnement de langoustes dans une zone interdite à la pêche pour observer leur capacité de repeuplement, cartographie des ceintures d’algues, comptage des cétacés, équipement de bateaux de pêche avec des répulsifs sonores (pinger), destinés à éloigner les mammifères marins des filets. C’est en 2010 que le conseil de gestion présentera sa copie définitive. « La mer, c’est compliqué, c’est coûteux et c’est long, résume Thierry Canteri. Nul doute en tout cas que cette aventure pionnière soit suivie. Deux autres parcs naturels marins sont désormais à l’étude sur la côte vermeille et en baie de Somme… Bon vent !

 

 

 

 

PARCS NATIONAUX

Une espèce en voie d’expansion

 

Depuis la naissance, en 1872, de Yellowstone, de nombreux Etats créent des parcs nationaux en vue de préserver leur patrimoine naturel. Petit tour d’horizon.

 

Yellowstone a fait des petits. Le concept de ce premier parc national américain de près de 10 000 km² a essaimé sur chaque continent, dans de nombreux pays. Tout au long du XXème siècle, on a vu fleurir des espaces dédiés à la conservation des plus beaux paysages et de la multitude d’espèces végétales et animales qui les peuplent. Des volcans, enneigés du parc Tongariro, en Nouvelle-Zélande, à l’archipel des Galapagos, en passant par les plaines du Serengeti en Tanzanie ou les marais espagnols de Donana , tous ces sanctuaires ont le même credo : protéger une nature en sursis.

 

Le plus grand est un désert arctique

Ainsi, le microscopique parc de Peterson Cay aux Bahamas, qui détient peut-être le record de plus petit parc national du monde (1 hectare), n’en recèle pas moins des richesses exceptionnelles. Seul récif au large de l’île Grand Bahama, et uniquement accessible par bateau, c’est le paradis des coraux, des poissons tropicaux et des dauphins.

Près le 100 millions de fois plus étendu (972 000 km²) est le parc du nord-est du Groenland : créé par le Danemark en 1974 et élargi en 1988, il détient la palme de plus grand parc national de la planète. Classé « réserve de biosphère) par l’Unesco, il présente toutes les caractéristiques du désert arctique. Et même si, depuis plusieurs décennies, ses glaciers se déchiquettent et la banquise fond à vue d’œil, il offre un ultime refuge à une faune polaire menacée – ours blanc, bœuf musqué, phoque, renard, ou lièvre arctique. Parmi les parcs les plus emblématiques, mention spéciale à celui de Sagarmatha, au Népal. Reconnu au patrimoine mondial en 1979, il héberge les plus hautes montagnes de l’Himalaya et culmine à 8 848 mètres avec le mont Everest. De sommets vertigineux en gorges insondables, de glaciers en prairies alpines fleuries, cet imposant royaume abrite à peine 3 000 sherpas qui cohabitent avec les petits pandas, les yacks, les ours noirs et les derniers léopards des neiges.

A côté de ces joyaux admirablement préservés, d’autres espaces pourtant estampillés « parc national » ne répondent pas aux critères de l’UICN – Union internationale pour la conservation de la nature : selon son classement des aires protégées établi en fonction d’objectifs de gestion, un « parc national » correspond aux zones naturelles, terrestres et/ou marines, visant à la fois à protéger l’intégrité écologique des écosystèmes, exclure toute exploitation ou occupation incompatible avec leur vocation, offrir des possibilités de visite dans le respect du milieu naturel et de la culture des communautés locales. Or, aussi verts soient-ils sur les cartes, certains parcs ne remplissent pas ces critères. Sur plus de 100 000 aires protégées recensées par les Nations Unies en 2003, seules 3 881 (11.5% de la surface terrestre) étaient désignées comme « parc national », d’après l’UICN. « C’est surtout aux Caraïbes et sur l’ensemble du continent américain qu’on en trouve le plus, remarque Carole Martinez, chargée de mission Espaces naturels au Comité français de l’UICN. La géographie de ces états dotés de vastes étendues ont favorisé cette situation ».

 

Une philosophie en progrès

Toutefois, la classification de l’UICN ne se prétend pas label de qualité. Comme le précise la spécialiste, « si le système des catégories d’aires protégées constitue un langage commun et offre une grille d’analyse des efforts des différents Etats, il ne préjuge en rien de l’efficacité sur le terrain ». Ainsi, certains parcs nationaux peinent à appliquer leur réglementation, confrontés au braconnage, aux exploitations forestières ou minières illégales. « D’où la nécessité, souligne Carole Martinez, de renforcer la coopération internationale, de développer la gouvernance des aires protégées en associant de nouveaux partenaires. A commencer par les populations locales mais aussi les entreprises. »

Cette dynamique se met en marche : progressivement, l’humanité réalise la valeur de la biodiversité et des ressources naturelles. Dès lors, conçues comme des infrastructures autour desquelles peuvent s’organiser en bonne intelligence d’autres activités, les aires protégées contribuent au développement d’une région, notamment grâce à l’écotourisme. Et au fur et à mesure que la conscience écologique fait son chemin, la philosophie des parcs nationaux gagne du terrain…