Monteur
LE REGARD NEUF
Prenant le film en marche, généralement dans les dernières semaines de tournage, le monteur donne au réalisateur un troisième regard. N'ayant pas connu les affres de l'écriture et les difficultés du tournage, il ne s'en tient qu’aux images et aux sons.
Pour tirer 10 minutes de film, il y a parfois plus de 10 heures de rushes. Le monteur devra passer des heures devant son banc de montage. Dans un premier temps, il procède au derushage : une tâche parfois laborieuse, mais qui doit être fait avec beaucoup de rigueur. Les rushes sélectionnés, il passe à la synchronisation et l’organisation des éléments. Ensuite viennent les raccords, les voix, les musiques et les fondus.
Le réalisateur est souvent présent au montage pour veiller au respect de ses exigences. Cela dit, le monteur doit faire preuve d’habilité à l’égard du réalisateur, car rien n'est plus difficile que de faire renoncer ce dernier à un plan qui objectivement n'a pas sa place dans le film !
À la fin du montage virtuel, le monteur crée une liste des points (cut list) qui permettra une conformation sur pellicule. La dernière étape s'appelle la « conformation »: c'est le montage final (final cut).
L'arrivée du montage virtuel a bousculé les pratiques : les images sont désormais traitées en données numériques, puis montées sur station de montage virtuel (avid ou finalcut).
A partir du premier montage (first cut), l’éventail des possibilités est large : on peut couper un plan autrement, placer une scène ailleurs qu'à l'endroit prévu au découpage initial. Le montage est une troisième écriture du film, après l’écriture et le tournage, mais l’écriture du même film…dans le meilleur des cas !
Une fois le montage-image terminé, commence le montage-son. C’est une étape distincte du montage, assurée par une autre équipe. Il s'agit d’organiser tous les sons (ambiances, directs, musiques) sur plusieurs pistes en vue du mixage, et ce afin d'enrichir le volume affectif du film.
